Tu es mon berger, Seigneur et je connais ta voix.
Je reconnais ta voix quand tu m’appelles par mon nom.
Je me retourne alors vers toi, surpris,
comme Marie-Madeleine
qui te cherchait désespérément auprès du tombeau vide.
Il n’y a que toi qui puisses prononcer ainsi mon nom,
avec une telle tendresse,
cette infinie délicatesse,
cette douceur qui n’appartiennent qu’à ceux qui aiment.
A mon tour, je peux murmurer ton Nom, ton Nom sauveur :
« Jésus. Mon Seigneur et mon Dieu ».
Je te redis ma confiance, ma foi, mon amour.
Depuis toujours tu m’as aimé, tu m’as désiré.
Tu m’as appelé à la vie, à ta vie, tu m’as comblé.
Je ne manque de rien.
Et pourtant, je soupire et je demeure encore assoiffé.
Affamé de consolations diverses, de plaisirs, de sensualité.
Assoiffé d’amour, de tendresse, d’intimité.
Avide de reconnaissance, de partage, de bonheur.
Sur des prés d’herbe fraîche, tu me fais reposer.
Tu es mon bon berger. Je te voudrais ami, amant.
Tu es mon beau berger. Et tu m’aimes. Mon ami, si aimant.
Tu m’aimes dans tout ce que je suis, dans tout ce que je pressens.
Aussitôt tu te dérobes :
« Cesse de me tenir, va vers mes frères.
Aime aussi, comme moi, en laissant libre et grand.
Donne-toi, livre-toi. Tout entier, tout à moi. »
Tu me ramènes vers la source des eaux vives.
Tu m’ouvres ton sein transpercé : de l’eau, du sang.
Comme la colombe au creux du rocher,
je me blottis, je peux me désaltérer.
Tu me fais revivre : c’est l’eau du salut.
Ton sang rend ma robe blanche.
Dans tes flots,
tu m’as plongé pour que je renaisse en toi, lavé, renouvelé.
Amour qui m’as tant aimé, comment t’aimerai-je assez ?
Te ferais-je enfin connaître ?
De l’eau, du sang.
Ton sang précieux.
Ma coupe est débordante.
Tu m’as dressé la table.
Merveilleux festin.
Noces, alliance, joie.
Pour toujours, toi et moi.
Tu répands sur ma tête ton huile parfumée.
Tu m’imprègnes de toi, de ton odeur, de ta grâce.
Chaste et bienheureux enlacement,
étreinte féconde de l’Esprit.
« Mange. Bois.
Rassasie-toi. Enivre-toi de la sobre ivresse.
Porte ma bonne odeur.
La route est longue encore. »
Tu me conduis par le juste chemin.
Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal.
Devant mes ennemis ? Tu es avec moi. Tu es mon berger.
Ton bâton me guide et me rassure.
En te livrant à la mort, tendre Agneau,
tu es devenu la porte de la Vie.
Portail royal pour mon humble voie.
J’habiterai ta maison.
Je partagerai l’éternel repas,
je goûterai sans fin aux délices de ton abondance.
Auprès de toi, toujours,
au-delà de la durée de mes jours.
Grâce et bonheur m’accompagnent, déjà,
tous les jours de ma vie…
d'après le Psaume 22
Père Hugues de l'Abbaye ND de Leffe
