« L’homme comprend seulement avec beaucoup de difficulté ce qu’il ne désire pas comprendre en son for intérieur. Il ferme instinctivement son intelligence devant des faits qui le contraignent à abandonner ce qui lui plaît . »
Alexis Carrel
Alors que la résurrection des morts enseignée dans la Bible constitue (devrait constituer) l’une des principales bases de la foi chrétienne, on peut se demander pourquoi si peu de personnes y croient aujourd’hui ? En effet, selon un sondage effectué par l’institut CSA en collaboration avec l’hebdomadaire catholique La Vie et le quotidien Le Monde, seulement 4 % (12 % pour les pratiquants réguliers) croient à la résurrection des morts ! Une autre conception en matière de « retour à la vie » triompherait-elle au sein du christianisme contemporain ?
A ce propos, Dennis Gira nous apporte une explication : « Que dire aux chrétiens séduits par la réincarnation, souvent présentée comme scientifiquement fondée et même compatible avec la résurrection (selon certains sondages jusqu’à 43 % de catholiques croient à la réincarnation et la résurrection) ? » Comme les adeptes des religions orientales ou des philosophies empreintes d’orientalisme, de très nombreux chrétiens croient donc à la réincarnation !
Pourquoi la réincarnation est-elle acceptée aussi facilement ? En fait, cette manière de penser si largement répandue aujourd’hui dans le monde fait suite à une autre croyance, essentielle et quasi générale qui remonte à des millénaires : la croyance en l’immortalité de l’âme. Sans l’adhésion à cette idée, il est impossible de croire en la réincarnation.
Or, on sait que cette notion d’immortalité de l’âme fait partie de l’enseignement officiel de l’Eglise catholique dont le catéchisme déclare : « Chaque âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu – elle n’est pas produite par les parents – ; l’Eglise nous apprend aussi qu’elle est immortelle : elle ne périt pas lors de la séparation du corps dans la mort, et s’unira de nouveau au corps lors de la résurrection finale. »
Bref, si pour beaucoup de chrétiens, les conceptions sur l’au-delà ressemblent étrangement à celles des tenants de la réincarnation, c’est essentiellement parce qu’elles reposent sur une base commune quant à la nature de l’homme : une vision dualiste qui dépeint l’homme comme un être composite formé d’un corps matériel, mortel et d’une âme immatérielle, immortelle.
Sans qu’il soit possible d’étudier ici toutes les raisons conduisant les chrétiens à accepter aussi facilement la réincarnation, on peut dire que la croyance en l’immortalité de l’âme y contribue avant tout ! Soulignons seulement que l’Eglise catholique a toujours condamné explicitement la réincarnation qui est une conception païenne en totale contradiction avec l’Ecriture et la Tradition.
