par FRANCOISJEAN » Mer Août 04, 2010 10:21 am
Chers croires’amis, Jejomau
Eh oui, même à son époque, Maurice Zundel passait pour peu « orthodoxe » ! Il n’était pas, en effet à cette époque orthodoxe de proclamer « que ce n’est pas parce que certains étaient de milieu défavorisé qu’ils n’avaient pas droit à la culture », que le marxisme n’était pas la solution à la misère mais que, lorsque sur ses richesses on avait prélevé ce qu’il nous fallait pour vivre, le SURPLUS NE NOUS APPARTENAIT PLUS mais appartenait à ceux qui en avait besoin, prolongeant par là ce qu’avait dit St Thomas d’Aquin qui affirmait que celui qui a vraiment faim et qui vole pour manger ne commet pas de faute ou de St Ambroise : «Le pain que tu gardes appartient à ceux qui ont faim, les vêtements que tu caches appartiennent à ceux qui sont nus et l'argent que tu enfouis est le rachat et la délivrance des malheureux. » Il est vrai que cela dépassait un peu Mgr Bresson, son évêque, qui l’a renvoyé à Rome pour y refaire sa théologie. Maurice Zundel, non seulement n’a pas été désavoué, mais en est revenu avec un doctorat en philosophie, sur le sujet suivant: « L'influence du nominalisme sur la pensée chrétienne ». Il a fréquenté les plus grands penseurs, les plus grands savants de son époque et est devenu un ami personnel entre autres de l’Abbé Pierre, du Cardinal Montini. Celui-ci, devenu le Pape Paul VI, le trouvant génial, l’a invité à prêcher une retraite au Vatican. On pense qu’il a eu aussi une certaine influence sur la rédaction d’ « Humanae Vitae ».
Sur un autre registre, sur KTOTV, dans la rubrique des vidéos, il y a un exposé du père De Monthière sur le salut. Il cite, là encore St Thomas d’Aquin: « Quand un être accomplit ce pour quoi il est fait, il est sauvé ! » or nous sommes faits pour Dieu, pour partager Sa Vie Divine, ce que nombre de théologiens ont traduit par la phrase : « Dieu s’est fait Homme pour que l’Homme devienne Dieu », d’autres par : « la gloire de Dieu, c’est l’Homme vivant. »
J’ai acheté et lu le livre du père Decouvremont : « Certes, Dieu est Amour, mais il ne peut renoncer à Lui-même ! » Je trouve que ce Dieu est un peu schizophrène et désincarné. Mais il est vrai que le mystère du Christ est tellement passionnant que les milliers d’ouvrages qui Lui sont consacrés ne suffisent pas à épuiser le sujet. Chacun a à cœur d’expliciter et de partager la part de Vérité qu’il pense avoir saisie.
La Parole est présente au cœur de chacun (y compris au cœur de Maurice Zundel, de Pierre Decouvrement, de Jejomau…..), à nous de La laisser s’exprimer dans Sa Diversité sans L’entraver par des poncifs générateurs de divisions, de guerres, de dominations d’autrui ; Bref, de se l’approprier comme a si bien su le faire notre lointain ancêtre mythique Adam ou l’empereur Constantin. En convoquant le concile de Nicée, celui-ci voyait dans la religion surtout un facteur de stabilité pour son empire. C’est bien l’expression de toutes nos différences qui nous permettra d’approcher un peu la Vérité du Seigneur, donc la notre.
« …S'il n'y avait pas en nous un aspect d'immensité, s'il n'y avait pas en nous quelque chose d'infini, nous ne pourrions avoir aucune connaissance réelle de l'infinité de Dieu. Nous pourrions sans doute prononcer le mot infini, mais ce serait un mot vide. Si nous pouvons avoir le sentiment de la grandeur divine, du caractère inépuisable de la beauté divine, c'est parce qu'il y a en nous quelque chose d'infini qui s'enracine en Dieu. Il y a une sorte de frontière, de contact où nous touchons à Dieu, où Dieu nous touche. Et quand nous arrivons à ce point, quand nous joignons ce centre, c'est alors que nous sommes à la fois le plus près de Dieu et le plus près de nous-même. C'est alors que nous atteignons à notre pleine vérité, comme nous connaissons - autant qu'elle nous est connaissable - la pleine Vérité de Dieu… »
(Maurice Zundel in « Abîme de l’Homme, Abîme de Dieu » conférence faite à Lausanne en 1955)
Amitiés FRANCOISJEAN